Road-trip d’une semaine en Islande — le Nord

Vous trouverez le début de ce périple ici.

JOUR 5 : DIAMOND BEACH, JÖKULSARLON, HENGIFOSS

Debout ! Il est 7h45 et une grande journée nous attend. On commence par rouler 45 minutes avant d’arriver à la Diamond Beach. J’en avais entendu parler et j’avais vu des photos magnifiques, mais allez savoir pourquoi, ce spot était totalement passé à la trappe quand j’ai fait le programme. Finalement, le destin fait bien les choses, puisqu’il est sur la route de Jökulsarlon. Et croyez-moi, c’est difficile de louper une plage aussi singulière ! Bon, les plages de sable noires, c’est plus vraiment nouveau à ce stade du trip, mais des blocs de glace translucides échoués tout le long de cette plage, ça donne un contraste saisissant. Une image tout droit sortie d’un film de science-fiction !

Diamond Beach

On remonte dans le van, et en même pas 3 minutes, on se trouve devant le glacier de Jökulsarlon. C’est bien plus grand que ce que j’imaginais. Les icebergs sont impressionnants, de par leur taille comme leur couleur, d’un bleu glacé. Malgré ça, je ne pense pas que ce soit la meilleure période pour venir ici. On est déjà presque en hiver, et la plupart des icebergs ont fondu. Par contre au printemps, quand la glace commence à se détacher du glacier, ça doit être vraiment hallucinant !

Jokulsarlon

Après une pause repas/essence à Höfn, on file vers le nord de l’île. Prochaine étape : Hengifoss. On passe par la route 939, un raccourci qui donne une idée de ce à quoi ressemble le centre de l’Islande. Au fur et à mesure qu’on monte en altitude, la température baisse, et on se retrouve rapidement sous la barre des -10 degrés. La route (enfin, plutôt le chemin) est à peine praticable par endroits. Mais les monts enneigés qui nous entourent sont magnifiques, on voit une facette différente du paysage islandais !

Islande nord

Une fois revenu sur la route 1, le paysage donne une impression d’ouest canadien. On ne savez même pas qu’il pouvait y avoir autant d’arbre en Islande. Une fois arrivés sur le parking de Hengifoss, on se rend compte qu’encore une fois, nos cuisses ne vont pas être épargnées. La montée est très sèche, j’ai carrément voulu faire demi-tour à mi-chemin. Mais on n’a pas gravi tout ça pour rien, alors je continue. Et il faut dire qu’elle est quand même très originale, cette cascade, avec ses flancs en étages. Mais ce qui m’épate surtout, c’est la vue qu’on a sur la vallée. Et rien qu’avec ça, l’effort était récompensé.

Route Islande Nord

Il est déjà 16h quand on rejoint le van et il reste 2h30 de route avant de rejoindre le camping de ce soir, à Mývatn. On avait prévu de faire Mjóifjörður, mais le soleil ne va pas tarder à se coucher. Et rouler de nuit en Islande, c’est pas toujours sympa. On en aura la preuve ce soir là. La route pour atteindre Mývatn se fait en partie dans les montagnes, en haute altitude. La neige tombe abondamment, à tel point qu’on voit à peine la route… Route qui est verglacée sur certaines portions. Ajoutez à ça la nuit noire, un néant absolu autour et Etienne qui montre de gros signes de fatigue, et vous obtiendrez une Margaux envahie par l’angoisse, qui se fait déjà les pires scénarios dans sa tête. Bien sûr, on a finit par arriver entiers au camping de Vogar, sur les rives du lac Mývatn. D’ailleurs, on a rarement vu un camping aussi bien équipé ! Deux cuisines, avec tout le matériel nécéssaire et -pincez-moi je rêve- des plaques à induction !

Route Islande

JOUR 6 : MÝVATN, GOÐAFOSS, AKUREYRI

On essaye de se lever tôt pour faire les 2-3 spots autour du lac. On commence par le cratère Viti, connu pour son bleu laiteux. Une fois dans la zone, Waze ne capte plus et rien n’est indiqué, on se perd vite et la route qui nous semble être la bonne est fermée. Tant pis, on rebrousse chemin !

À même pas 10 minutes du cratère, il y à Hverir. C’est une autre planète, mais ne vous inquiétez pas, l’odeur de souffre et la boue  aident à rester sur Terre. Le lieu en lui-même est stupéfiant, les couleurs ocre et bleu-gris associées aux fumerolles donne une atmosphère très particulière. Après un nettoyage express des chaussures, on remonte dans le van !

Hverir

5 minutes plus tard, On arrive à la grotte de Grjótagjá. Pour les fans de Games of Throne, c’est la grotte de Jon Snow et Ygritte ! Ça ne fera pas parti de mes incontournables. Si vous êtes dans le coin et que vous avez le temps, pourquoi pas, mais c’est juste une grotte avec une source d’eau chaude, rien d’extraordinaire. Je n’ai d’ailleurs même pas de photo à vous montrer !

On se balade ensuite un peu autour du lac, entre les pseudo-cratères et les moutons. C’est là qu’on prend vraiment conscience que le nord de l’île est bien moins touristique que le sud, et c’est tellement plus agréable !

Après 40 minutes de route, on arrive à Goðafoss. Pour celle-ci, pas besoin de gravir des collines, elle est très accessible. Je compare cette cascade aux chutes du Niagara, mais en miniature. C’est la préférée d’Etienne ! C’est vrai qu’elle ne ressemble à aucune de celles que nous avons vu auparavant. Et petite parenthèse, si vous voulez éviter de payer 2€ pour utiliser les toilettes, videz votre vessie avant d’arriver à Goðafoss.

Allez, on se retient jusqu’à Akureyri, la deuxième plus grande ville du pays. C’est un sentiment étrange que de se retrouver dans une ville après tous ces petits hameaux parsemés en pleine nature. Je ne sais pas si nous sommes arrivés LE jour où tous les habitants ont décidé de rester enfermés chez eux, mais il n’y avait pas un chat dans les rues. On aurait cru voir une ville abandonnée s’il n’y avait pas eu de commerces ouverts. Je ne suis pas certaine que cette ville ait un grand intérêt, à part peut-être son église, plutôt originale.

Après un bon repas, on reprend la route jusqu’au camping de ce soir, qui se trouve à 4 heures d’ici. C’est un camping dans une petite bourgade du nom de Búðardalur, à l’entrée de la péninsule ouest (Vestfirðir).

Une fois sur place, il fait faim mais il n’y a aucun endroit pour manger à l’abri du vent, et il fait très, très froid ce soir. Affamés et abattus, on décide de payer une petite fortune pour une pizza margherita, dans le seul restaurant du coin. La bonne nouvelle de la soirée, c’est que le ciel est super dégagé ! Est-ce qu’on aura la chance de voir des aurores boréales ce soir ? Sachant que c’est notre dernier soir en campagne, c’est notre dernière chance. Alors on croise les doigts et on actualise le site de forecast pour les aurores toutes les 10 minutes !

20h, 21h, 22h… Toujours rien, et on commence à fatiguer. On décide d’aller se doucher, et si il n’y a toujours rien après, on laissera tomber. Et en sortant, je vois un espèce de halo blanc dans le ciel, juste derrière un lampadaire. « Il faudrait voir sans le lampadaire » me dit Etienne. Il s’éloigne donc des lumières du camping pendant que je range les affaires, sans trop d’espoir. « Ç’en est une ! » me dit-il. OH ! On court vers une prairie non éclairée, à deux pas du camping. Et oui, elle est là. Verte, dansante, merveilleuse. J’ai toujours rêvé d’en voir, et je suis comme une enfant, toute excitée et émue. On ne s’éternise pas dans la prairie, on veut la voir sans aucune pollution lumineuse, loin de la ville. Alors on monte dans le van, et on roule, on roule on roule. Mais voilà, il n’y a aucune aire de repos dans le coin, et on ne veut pas risquer de trop s’éloigner. Alors après 30 minutes, on fait demi-tour et on l’observe à travers le pare-brise, tout en regagnant le camping. On rejoint notre prairie, appareil photo et trépied sous le bras. Je fais quelques essais, mais rien n’y fait, je n’arrive pas à la capturer. Tant pis, je l’ancrerais dans ma mémoire. Elle évolue, se divise, se diffuse, puis se redéfinit. À ce moment précis, je ne sens plus mes orteils et je suis submergée par la fatigue, mais je suis la plus heureuse du monde. Vous trouverez ici mes conseils pour voir les aurores boréales.

À minuit passé, nous décidons de quitter la prairie pour retrouver nos pieds congelés.

JOUR 7 : SNÆFELLSNES, KIRKJUFELL

Le lendemain, on prend la direction de la péninsule de Snæfellsnes. On aurait adoré faire Vestfirðir, mais le temps nous manque. La météo est parfaite, on ne pouvait pas rêver mieux pour notre dernière journée dans la nature islandaise. Les paysages sont sublimes.

Snaefellsnes

Premier arrêt, Kirkjufell. Vous avez sans doute déjà vu cette montagne à la forme si particulière, c’est l’un des lieux phares de l’île. Pour être honnête, j’ai été assez déçue. En arrivant, on ne reconnait pas du tout la montagne. Sur les photos, on peut croire qu’elle a une forme conique, mais non. C’est juste l’angle qui donne cette impression, en réalité, elle est allongée, comme beaucoup de montagnes en Islande. Alors oui, elle est très photogénique, mais franchement, elle n’est pas si incroyable en réalité. Surtout quand vos photos sont gâchées par un groupe de 20 touristes qui s’arrête tout les 5 mètres pour prendre 84 selfies devant tout et n’importe quoi. Heureusement que la vue est belle ! Vous l’aurez compris, ce n’est pas un lieu que je qualifierais d’incontournable.

On continue ensuite notre route en s’arrêtant dans quelques villages, tous plus typiques les uns que les autres. Le ciel se couvre très vite une fois que nous atteignons la partie sud de la péninsule. Il y a quelques phares, dont un qui attire notre attention. On s’arrête et on se balade au bord des falaises, encore une nouvelle facette de l’Islande.

Puis nous remontons dans le van, direction Akranes, là où nous dormirons ce soir.

JOUR 8 : REYKJAVIK

Dernier réveil en Islande. En à peine 45 minutes, on se retrouve au point de départ : Reykjavik. On flâne un peu, on refait les coins qu’on avait apprécié et des rues qu’on n’avait pas encore découvertes. On se fait un dernier plaisir : manger du bon poisson au Solon.

Reykjavik

Bon, et bien il est temps de rendre le van et de rentrer à Bordeaux. Je conseille vraiment cette destination. L’Islande a sans doute perdu de son charme avec le tourisme de masse, mais ça reste un pays plein de surprises qui vous emporte sur une autre planète !


Une réflexion sur “Road-trip d’une semaine en Islande — le Nord

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